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publié par micky le 05/05/11
Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde
- Stéphane Kazandjian

de grandes espérances

Voilà un film qui s’annonçait bien et qu’on avait envie d’aimer. On imaginait quelque chose de drôle comme les Guignols de la grande époque et leur fameuse World Company et en même temps aussi percutant et militant qu’un documentaire de Michael Moore. Une satire jubilatoire bien dans son temps qui convoquerait au banc des accusés les Sarkozy, Messier, l’argent-roi, les banquiers, le capitalisme débridé, bref le grand mal des temps modernes et les puniraient tous par l’humour et le ridicule.

De belles intentions et à l’arrivée une déception, pas grosse mais tiédasse comme le film lui-même. On aurait pu s’en douter en se rappelant que Stéphane Kazandjian avait déja commis Sexy Boys, une tentative de teen movie déjà pas terrible malgré là encore une fois de bonnes intentions.

pauvre et mou

Le problème de ce faux-documentaire est d’une part qu’il n’est pas vraiment très drôle, sur 1h30 on sourit de temps en temps et encore beaucoup parce qu’on est bon public et on rigole une ou deux fois vraiment mais pas beaucoup plus. Et sous l’angle de la satire, il est mou et assez pauvre, à tel point que finalement on préfèrerait presque Michel G. à son interviewer, une sorte d’horrible bobo barbu (je n’aime pas employer le mot "bobo" mais là le cliché est tellement évident qu’on imagine parfaitement dans le scénario que c’est marqué "Joseph Klein, bobo" et puis rien après pour caractériser le personnage).

C’est une intention lisible du réalisateur de ne pas donner une vision trop manichéenne et de ne pas faire de Michel un monstre, et c’est plutôt bien vu mais en même temps il échoue à rendre vraiment détestable et ridicules les puissants, à démonter le système dans lequel ils opèrent.

On suit l’histoire de Michel, sa vie privée, ses petits complots minables pour bouffer un de ces concurrents avec une relative indifférence. Cela tient sans doute à la manière de présenter les choses, au fait que très vite on se sente plus dans la fiction que dans le documentaire, parce que toutes les choses présentées sont un peu un mash-up de ce qu’on a pu détester en 4 ans de sarkozysme (l’autre cible évidente au delà des grands patrons) alors comment expliquer que ce qui dans la vraie vie chose et exaspère, ici devienne une péripétie qui n’émeut guère ?

faux-cumentaire

Du coup, peut se demander si le choix du faux-documentaire ne dessert pas au final le film : en théorie il lui permettait une liberté impossible dans le monde réel, des possibilités de dramatisation, de choisir des plans que l’on a pas dans le documentaire mais au final pour ce que le réalisateur en fait on se dit que l’approche de Michael Moore est largement plus efficace.

Au final, si Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde n’est pas désagréable à regarder et s’il a pour lui de faire tuer un chien par un requin et une parodie drôle de Carla Bruni, c’est à peu prêt tout. Ce n’est pas le film qui vous fera réfléchir ou vous révoltera et donc j’aurais tendance à penser qu’il est plutôt dispensable..

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publié par micky le 05/05/11