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publié par Sfar le 13/01/08
Smashing Pumpkins
- American Gothic

Il fut un temps

Il fut un temps où l’on ressentait un vif plaisir rien qu’à l’évocation du nom de Billy Corgan. Il fut un temps où nous étions de jeunes gens bluffés par l’alchimie quasi-parfaite que ce surdoué du rock avait su créer en s’entourant d’un James Iha, d’une D’Arcy Wretzky et d’un Jimmy Chamberlin. Il fut un temps où sortaient des albums comme Siameses Dreams ou Mellon Collie & The Infinite Sadness... Il fut un temps où Corgan ne jouait pas les divas tyranniques (quoique je doute sérieusement que ce temps-là ait un jour existé...) se désaltérant à coups d’eau minérale d’épicerie fine. Il fut un temps où c’était trop génial de porter des tee-shirt manche longue avec écrit « Zero » dessus.

Il fut un temps où Smashing Pumpkins voulait encore dire quelque chose .

En quête d’on ne sait plus trop quoi

Tous les groupes connaissent des périodes plus ou moins fastes, des remaniements au sein de leur formation, des albums en dessous, des concerts ratés. Mais un jour ou l’autre on retrouve quand même un semblant de volonté de vouloir sortir quelque chose à la hauteur de ce qu’ils ont été. Depuis la fin officielle des premiers Smashing en 2000, Billy Corgan semble s’évertuer à vouloir nous prouver une seule chose : que nous nous sommes trompés sur toute la ligne en imaginant qu’il avait eu le génie d’écrire quelques uns des plus brillants morceaux des 90’s. Ses dernières tentatives solos puis en reformation avec un autre quart de Pumpkins, le batteur Jimmy Chamberlin, ont été bien laborieuses et décevantes.

Après une tournée aux allures pharaoniques de fête foraine, après un album Zeitgeist où se côtoient deux ou trois bons titres noyés au milieu de daubes immondes, revoilà Billy et son groupe avec American Gothic : un Ep présenté comme acoustique (?) comportant 4 inédits du groupe.

Le Ep débute avec “Again, Again, Again (The Crux)” une sorte de ballade qui n’a rien de bien transcendant ni d’original. Les paroles sont d’une niaiserie incroyable et la rengaine est à peine digne d’un groupe de teenagers jouant au fond du garage de papa maman. Mais où sont passés les Smashing Pumpkins ? Les vrais pas les imposteurs qui ont pris possession du corps de l’âme de Chamberlin et Corgan depuis déjà quelques années. Ce morceau ne retiendrait notre attention que quelques secondes si il ne s’agissait pas des Pumpkins. Au fur et à mesure qu’on entend Corgan ânonnait ses « again again again » on aurait envie d’ajouter « ben oui : again again again dans la nullité mon grand gaillard ! ». L’affligeant “Sunkissed” et le très brouillon “Pox” achèveront de nous décevoir définitivement et de faire disparaître le peu d’espoir qu’il nous restait encore dans ce groupe. Les mélodies sont agaçantes, le chant est vraiment en dessous de ce dont Billy est capable, on dirait une sorte de copié collé de travers de mauvais morceaux rock indé, des tentatives ratées, du travail bâclé dont on ne comprend pas l’intérêt.

Seul morceau potable : la très douce ballade acoustique “Rose March”. Il faut reconnaître que, comparativement au reste du Ep, ce morceau est une vraie perle avec ses « lalalalalala » et « hooooooooo... hoooooooo... » entêtants et une mélodie plutôt sympathique. Au final on se retrouve avec un titre beaucoup plus accessible et surtout bien plus plaisant à écouter et à apprécier.

En ce début 2008 Billy Corgan est entré en studio avec les Pumpkins pour enregistrer une version studio de leur morceau Superchrist peut-être en vue d’un futur album. Faut il s’en réjouir espérant encore et encore une renaissance époustouflante de Corgan et ses acolytes ou se désoler de cet entêtement dans une médiocrité désespérante pour qui fut un jour le leader de ce groupe qu’on appelait « Smashing Pumpkins »

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publié par Sfar le 13/01/08